Les policiers français ont fait tomber cette semaine un réseau international « hors norme » de blanchiment de l’argent du cannabis en France. Enquête qui les a conduit sur les circuits financiers de la drogue de Paris au Maroc en passant par Anvers, Dubaï et l’Inde.

Le système élaboré de forme pyramidale est assez complexe. Des collecteurs se chargeaient de récupérer l’argent liquide provenant du trafic de cannabis dans les cités de la banlieue parisienne pour le remettre à un collecteur en chef. L’argent sale était ensuite acheminé à Anvers, en Belgique, où un autre intermédiaire le changeait contre de l’or non poinçonné qui était alors transporté à Dubaï, parfois dans du café moulu, afin d’être transformé en bijoux. En résumé: l’argent était changé en or, lui-même transformé en bijoux. Des passeurs indiens portaient ensuite bagues, colliers et bracelets sur eux pour les ramener en Inde, via Hong-Kong ou la Malaisie. Sur place, les bijoux étaient retransformés en lingots, une partie alimentant le marché noir en raison d’une taxe sur l’or. Une autre partie de l’argent sale était acheminée en liquide à Dubaï, plaque tournante du blanchiment d’argent, et écoulée dans des bureaux de change contrôlés par des Marocains.

A la tête du réseau de blanchisseurs, un ressortissant indien. Installé en Seine-Saint-Denis, il menait un train de vie modeste pour ne pas se faire remarquer. L’homme, qui a été interpellé alors qu’il s’apprêtait à prendre l’avion pour Dubaï, a reconnu avoir écoulé pas moins de 35 millions d’euros en un an, confie François Molins. Les policiers ont dû faire preuve de patience pour démanteler le réseau en raison des précautions prises par les intermédiaires, qui changeaient de puce de téléphone après chaque appel. Lors du démantèlement, les hommes de l’OCRGDF, de la police judiciaire et leurs collègues belges ont saisi 2,3 millions d’euros en espèces et bijoux, un appartement et près de neuf kilos d’or, précise France Info.

Source